Flash Marchés Edram
- Aux États-Unis, les derniers chiffres confirment un tassement de l'emploi et un ralentissement de l'inflation, renforçant les anticipations de nouvelles baisses de taux. Les marchés actions restent néanmoins sous pression en raison des doutes persistants autour de l'IA.
- En Europe, les marchés ont été brièvement soutenus par des signaux politiques encourageants liés au conflit en Ukraine.
- En Asie, le Japon s'est distingué positivement : l'enquête Tankan sur la confiance des entreprises a atteint son plus haut niveau depuis quatre ans, malgré les tensions commerciales avec les États-Unis.
Les investisseurs ont concentré leur attention cette semaine sur le rapport de l'emploi américain, enfin publié après le « shutdown » qui avait plongé la Fed et les marchés dans le brouillard. Les chiffres confirment un tassement des créations d'emplois et une hausse du taux de chômage à 4,6 %. Côté inflation, la dynamique est favorable : l'inflation globale ressort à 2,7 % contre 3,1 % attendu, et l'inflation sous-jacente à 2,6 % contre 3 % anticipé. Cet apparent ralentissement de l'inflation en dépit de la guerre commerciale est toutefois à prendre avec prudence : les prix des loyers n'ayant pas pu être collectés en octobre, l'hypothèse d'une stabilité a été retenue, ce qui est optimiste, et ces chiffres seront corrigés en avril 2026. En l'état, ce chiffre valide la récente décision de la Fed d'abaisser ses taux directeurs et alimente les anticipations de nouvelles baisses l'an prochain. Dans ce contexte, plusieurs membres de la Fed, dont le gouverneur Stephen Miran, maintiennent un biais accommodant, évoquant un rythme plus rapide de réduction des taux vers un niveau « neutre ». Sur le plan institutionnel, le débat autour du futur président de la Fed demeure ouvert : Kevin Hassett a indiqué qu'il tiendrait compte des vues de Donald Trump tout en réaffirmant l'indépendance de la politique monétaire. Si la Fed n'a pas été une source d'inquiétude, l'intelligence artificielle en reste une, les indices d'actions américains ayant reculé en raison de doutes persistants autour de cette thématique.
En Europe, les marchés ont été brièvement soutenus par des signaux politiques liés au conflit en Ukraine. Le président Volodymyr Zelensky s'est dit prêt à envisager des garanties de sécurité occidentales en substitution à une adhésion formelle à l'OTAN, tandis que Moscou laisse entendre qu'une issue au conflit pourrait se rapprocher, tout en maintenant ses exigences territoriales. Sur le plan économique, la production industrielle de la zone euro a progressé de 0,8 % en octobre, mais les enquêtes PMI flash délivrent un message plus contrasté. L'indice composite recule à 51,9, avec un repli tant dans le secteur manufacturier que dans les services. Dans ce contexte, la BCE n'a pas créé de surprise et reste dans l'optique d'une longue pause. Elle a néanmoins révisé à la hausse ses prévisions de croissance du PIB et d'inflation.
Au Royaume-Uni, le tableau est également nuancé. La dégradation du marché du travail (chômage en hausse à 5,1%, recul de l'emploi et ralentissement des salaires dans le secteur privé) contraste avec des indicateurs PMI plus robustes. L'indice composite s'établit à 52,1, soutenu à la fois par les services et par la production manufacturière. La désinflation, plus marquée qu'anticipé, offre par ailleurs davantage de marges de manœuvre à la Banque d'Angleterre pour envisager des baisses de taux.
En Asie, le Japon se distingue positivement. L'enquête Tankan sur la confiance des entreprises atteint son plus haut niveau depuis quatre ans, malgré les tensions commerciales avec les États-Unis. L'indice PMI manufacturier s'améliore, même si une dégradation est observée dans les services. La Banque du Japon a relevé son taux directeur de 25 points de base, à 0,75 %, comme largement anticipé. Le vote a été unanime. La banque centrale considère que l'économie poursuit une reprise modérée et estime que les salaires réels et les prix continueront de progresser, ce qui justifie ce relèvement de taux, alors que l'inflation ressort à 2,9 %, en ligne avec le consensus. En conférence de presse, le gouverneur Kazuo Ueda n'ayant pas donné d'indication sur le taux neutre ou les prochaines hausses de taux, les taux longs ont poursuivi leur trajectoire haussière et le yen s'est déprécié encore davantage.
À l'inverse, les données d'activité en Chine pour le mois de novembre étaient décevantes, avec un ralentissement simultané de la production industrielle, des ventes au détail et des investissements.
Dans cet environnement, nous renforçons les actifs risqués, en particulier les actions japonaises, soutenues par le plan accommodant de Sanae Takaichi et les actions américaines, soutenues par les politiques budgétaires et monétaires plus accommodantes. Nous conservons un biais tactique positif sur la duration et privilégions les obligations des pays émergents ainsi que les obligations d'entreprises de meilleure qualité. Sur le dollar, nous prenons nos profits sur une partie de nos positions de couverture.
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